Les extra-terrestres ont régné sur terre

Les extra-terrestres ont régné sur terre


 

Tombe de Snefrou

 

Tout mythe contient une part de vérité. Beaucoup ne sont que des souvenirs d'anciens événements ou de personnages historiques : c'est le cas de la légende du roi Arthur ou de Charlemagne...

Mais que dire de ces mythes qui semblent sortis tout droit de la fiction ? Nous les retrouvons sous différentes versions, toutes conservées par les traditions : les histoires de « dieux », de « gens des cieux », d'êtres vivant dans les étoiles qui vinrent sur terre pour civiliser l'humanité et qui se déplaçaient dans l'espace à bord de chariots ailés, des histoires aussi de visiteurs venus d'ailleurs qui entretiennent des relations amoureuses avec les mortelles, d'enfants qu'ils engendrèrent, de demi-dieux qui devinrent des princes et des sages...

 

D'où viennent ces anecdotes ? S'agit-il de croyances en la vie future, exprimées en fonction de certains besoins psychologiques de l'homme ? Devons-nous les prendre au pied de la lettre ?

 

les archers de Persepolis

 

 

Beaucoup de personnes pensent qu'en raison des connaissances scientifiques acquises au XXe siècle, il nous est possible de comprendre la signification de ces mythes. L'idée des « dieux du ciel » ne correspondrait-elle pas à une tentative de l'homme pour essayer de décrire sa propre expérience au contact de ces êtres venus d'ailleurs, et cela bien avant que soit prouvée l'existence de tels mondes ? Les récits de ces magnifiques chars ne seraient-ils pas le seul moyen à la portée de nos ancêtres pour décrire les modes de voyages spatiaux, que nous savons aujourd'hui possibles ?

C'est ce raisonnement simple et plein de bon sens qu'utilisa Erich von Daniken. Sa théorie est simple : la Terre fut visitée, à l'époque préhistorique, par des êtres intelligents venus d'une galaxie lointaine. L'homme, impressionné par les connaissances de ces extra-terrestres, leur voua un culte.

 

Le sous-titre du premier livre de von Daniken le déclare sans ambages : Dieu était-il astronaute ?

Sa théorie fit l'effet d'une bombe et le rendit célèbre. Les Chariots des dieux, son premier ouvrage, se vendit à 5 millions d'exemplaires et fut traduit en 26 langues. L'auteur, pareil au messie, poursuit actuellement sa quête à travers le monde, à la recherche de la « preuve finale » et déterminante...

Les arguments proposés par von Daniken ne proviennent pas de ses propres recherches, mais d'une compilation d'écrits déjà anciens. Daniken fut traité de charlatan, de plagiaire, mais il persista dans ses allégations. Il déclarait posséder des « preuves accablantes de la visite des extra-terrestres sur Terre ». Il allait même jusqu'à dire qu'ils avaient laissé des signes physiques de cette présence. Ses livres regorgeaient de pièces de musée qu'il assurait être des représentations de cosmonautes, de fusées, de transplantations cardiaques. Il décrivait des exploits technologiques, lesquels « ne pouvaient être attribués totalement aux anciens hommes ». Une aide extérieure, disait-il, y avait largement contribué.

La plupart de ses assertions ne sont que des demi-vérités ou des insinuations quelquefois si minces que von Daniken a développé un style typique de « questions sans réponses », bien utile pour chercher une échappatoire lorsqu'un critique est trop gênant.

 

Lignes de Nazca

 

Écoutons-le parler des dessins de Nazca : « Vus du ciel, les traits, nettement dessinés, me donnèrent le sentiment qu'il s'agissait d'un terrain d'atterrissage. » Amener subjectivement le lecteur à partager ses vues, c'est le seul but de von Daniken...

Une étude de ces lignes, vraiment scientifique, celle-là, a été menée depuis les années quarante par l'Allemande Maria Reiche. Elle ne découvrit pas de terrain d'atterrissage. Un jour qu'on lui faisait part des « promenades » de von Daniken, elle s'amusa : « Si l'on enlève les pierres, le sol est pratiquement mou. J'ai bien peur que ces hommes de l'espace ne s'y soient enfoncés. »

Ces théories, privées de tout support scientifique, apparaissaient comme de plus en plus fantaisistes. En 1979, lors d'un débat, il devait renier ses propres écrits. La colonne de Meharauli, mise au jour en Inde, fut l'objet d'une nouvelle controverse : il se trompa dans les dates et dans la description. Il l'admit plus tard dans le magazine Play Boy : « Quand j'écrivis Les Chariots des dieux, je me contentai de répéter les informations en ma possession. Par la suite, des fouilles furent effectuées et elles aboutirent à un résultat inverse. Alors, laissons tomber cette histoire... »

Le travail archéologique est souvent fastidieux, et les objets découverts sont souvent muets. De temps en temps, un fait nouveau vient interrompre cette monotonie. Dans les années soixante-dix, des archéologues travaillant en Bulgarie firent une série de découvertes extraordinaires se rapportant à la culture néolithique de la civilisation Karanovo (4500 av. J.-C.). A cette époque, l'homme était supposé ignorer ou avoir peu de connaissances en métallurgie. Pourtant, les trésors Karanovo révélèrent une surprenante maîtrise dans le travail de l'or, la bijouterie et les armes.

Ces cavernes d'Ali Baba obligent les archéologues à réviser leurs jugements. L'Égypte est, à ce titre, le témoin modèle.

 

Statue de pierre découverte en Colombie.

 

Force nous est de reconnaître que nous n'avons pas tout inventé. Les anciens Égyptiens disposaient de connaissances avancées en chirurgie et en médecine ; l'usage de contraceptifs de miel et de gomme d'acacia (spermicide puissant) nous l'indique. Il semblerait aussi qu'ils connaissaient la pénicilline. Mais leur savoir ne s'arrêtait pas là : une maquette de bois datant de 200 avant J.-C. et provenant de Saqqarah nous expose les principes de base de l'aérodynamique, et la grande pyramide, construite aux alentours de 2600 avant J.-C., étonne l'homme du xx' siècle en raison de sa taille et de sa perfection architecturale.

Beaucoup d'écrivains, adeptes de la théorie des anciens astronautes, soutiennent que la pyramide de Chéops à Guizèh ne pourrait être construite aujourd'hui. Dans Les Chariots des dieux, Von Daniken déclare : « Aujourd’hui, au xx' siècle, aucun architecte ne pourrait reproduire la pyramide de Chéops, même si toutes les ressources techniques de la terre se trouvaient à sa disposition. »

L'insinuation est parfaitement claire : si nous ne sommes pas en mesure de construire la pyramide, comment les Égyptiens au¬raient-ils pu le faire, sinon en bénéficiant d'une aide extérieure ? Celle des extra-terrestres, par exemple !

 

Si l'on s'en tient à ce raisonnement, une conclusion s'impose : les extra-terrestres seraient les précurseurs de cette technologie de pointe que nous revendiquons comme nôtre. Cette hypothèse est-elle acceptable ? Elle fut défendue avec beaucoup d'acharnement par certains écrivains. Pour l'imposer, von Daniken n'hésita pas à jeter le discrédit sur les Égyptiens. Cette mauvaise foi n'étant pas supportable, il convient de rendre à César ce qui est à César.

Les Égyptiens furent bien les auteurs de cette masse énorme. Nous disposons de preuves pour étayer cette affirmation. Le nom du pharaon Chéops (ou Khoufou) est gravé sur certains des blocs de pierres qui composent la pyramide. Ce fut lui qui ordonna sa construction. L'édifice, haut de 137 m, est d'une finition parfaite qui montre à quel point les Égyptiens étaient experts en mathématiques, en architecture, en maçonnerie, et surtout en organisation.

Affirmer que la grande pyramide de Chéops est un ouvrage d'extra-terrestres est une insulte aux Anciens. Les _grandes cultures que furent celles des Égyptiens, des Mayas, des Hindous et des Babyloniens sont indéniables. Prétendre que la compréhension de notre histoire ne peut se faire qu'à partir de notre ère est indécent. Prétendre que son importance est si considérable qu'elle permettrait d'estimer toutes les autres périodes historiques l'est tout autant.

Même si l'archéologie moderne est incapable de retracer la compétence technique des anciennes civilisations, nous devons absolument éviter de croire que seuls les scientifiques du monde moderne sont capables de hauts exploits technologiques. Ces théoriciens sont victimes de leur étroitesse de vues. Beaucoup de techniques qui fleurissent alors sont maintenant oubliées. Beaucoup de découvertes sont simplement des « redécouvertes », qui s'effacèrent par l'action de l'homme ou qui subirent une destruction d'ordre naturel.

Carl Sagan s'écrie ouvertement : « Ce que veut montrer von Daniken est que nos ancêtres étaient trop stupides pour créer la plus petite merveille architecturale ou artistique. » Cette conception étriquée de l'histoire de l'Homme fit qu'ils ne purent jamais imposer sérieusement leurs vues. Comment pouvait-on concilier les mythes des chars volants et des dieux avec les vols spatiaux du XXe siècle ? C'était une farce !

Il fallait donc chercher ailleurs. La réponse était peut-être de nature psychologique ? Une piste s'ébaucha à partir de la constatation suivante : les « dieux de l'espace » et toutes leurs composantes ne disparurent jamais des mythologies. On ne les trouvait pas seulement dans les histoires collectées par les anthropologues, mais aussi dans la littérature et la tradition de l'Europe médiévale et postmédiévale, qui mettaient en scène ces petites créatures que l'on nomme des fées.

 

citadelle inca

 

Une légende indienne d'Amérique du Nord est souvent citée par les membres de la Chambre des anciens astronautes. Elle concerne les aventures d'Algon ou de Wampee. Un jour, alors que Wampee était à la chasse, son regard fut attiré par un abaissement circulaire situé dans une clairière. Intrigué par de lointaines notes de musique, il leva le nez et aperçut une petite tache claire dans le ciel. La petite tache s'approcha, et il vit alors que c'était un panier. Douze belles jeunes filles s'en échappèrent et commencèrent à danser. Fasciné par le spectacle, Wampee tenta de voir ces créatures d'un peu plus près. Les jeunes filles s'évanouirent tout de suite et le panier les ramena vers le ciel. Transporté de passion, Wampee retourna fréquemment dans la clairière. Un jour, il décida de capturer l'une des jeunes filles et d'en faire sa femme. Elle lui donna un fils. Mais la jeune épousée se languissait de sa race ; elle bâtit un panier et quitta la terre en compagnie de son fils. On ne les revit jamais.

Si ce mythe est le souvenir d'un ancien contact avec les extra-terrestres, alors il ressemble fortement aux histoires de « lutins » qui prirent contact avec les habitants de certaines des îles Britanniques. De là à relier l'ensemble de ces contes avec ces bizarres histoires d'ovnis, il n'y a qu'un pas... vite franchi. Toutes ces apparitions feraient donc partie d'un même phénomène. Les « petits hommes verts » de la mythologie moderne des ovnis seraient les petits lutins vêtus de vert du folklore celtique.

 

Pendant longtemps, on vit dans les manifestations d'ovnis un phénomène extra-terrestre. Cette interprétation est maintenant dépassée. Ne serait-ce pas plutôt une production de l'esprit ?

A plusieurs reprises, on remarque que le spectateur qui assiste à un atterrissage d'ovni semble interpréter l'expérience au travers de son propre schéma culturel. Ou il « voit » un char rutilant, un navire féerique ou un engin spatial. Il y a trop de rapports concernant le sujet pour que l'on puisse douter de sa réalité. Deux possibilités s'offrent donc à nous : ou ce phénomène est du ressort d'un monde entièrement psychologique, ou il appartient à des réalités physiques qui nous échappent complètement. Peut-être aussi s'agit-il d'un mélange des deux ?

Tenter de comprendre et de définir ce qui se cache derrière ces récits n'est pas aisé et apporte certainement moins de satisfactions que les théories d'« hommes de l'espace » de l'ancienne école. Mais cela nous en apprend davantage sur l'esprit humain et sur ses démarches pour cerner l'inconnu. Plutôt que de forcer les anciens dieux à pénétrer dans une combinaison de cosmonautes, nous préférons nous servir de la mythologie et du folklore pour essayer de percer plus à fond la signification de ces histoires modernes de rencontres avec des extra-terrestres.

 

Le char de feu


 

Commentaires  

 
+1 #1 Xtra-Terrestre 10-11-2011 16:34
Cette histoire est de plus en plus éloigné de ce que je pensait. Je pensait que vous allez plus parlez d'ovnis et/ou des disques de Chine. Malgré tout c'était passionnant ;-) aussi pourriez-vous (si vous avez beaucoup d’information) de la zone 51 ont dit qu'il se passent des étranges expériences notamment sur les ovnis et les américains (travaillant la bas ou politiciens) nie l’existence de cet endroit.
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-1 #2 Peris 15-03-2012 14:46
Tout bonnement fantastique !! Un récit d'une pure merveille qui me donne réellement l'envie de lire l’œuvre de Daniken :-) Merci encore pour cette réinterprétatio n de notre histoire qui est a couper le souffle !
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